2016, année de transition pour accueillir les grands déploiements à venir

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L’année 2015 a été le théâtre de nombreux mouvements sur le marché européen des data centers. Cette transformation du secteur, amorcée dès 2014, fait écho à la croissance exponentielle des données, au développement des contenus digitaux et à la multiplication des transactions dématérialisées. Pour soutenir ces évolutions, les opérateurs de data centers ont dû s’adapter et se réorganiser afin de fournir davantage de redondance et de puissance électrique et de répondre aux critères définis par les nouvelles normes environnementales et sécuritaires qui ont vu le jour.

Pour cette nouvelle année, Fabrice Coquio, président d’Interxion France, partage avec nous sa vision de la réalité opérationnelle de son marché et met en exergue les 4 tendances clés qui, selon lui, marqueront l’année 2016.

1 – Économie française et investissements, vers une timide reprise ?
Soyons réalistes, depuis 2 à 3 ans, les investissements n’ont pas connu de réelle reprise et 2016 ne devrait pas inverser la tendance. Certes, les différentes enquêtes d’opinion régulièrement publiées se montrent optimistes, pourtant la réalité opérationnelle est toute autre. Alors que sur le terrain la question du déploiement de solutions cloud à grande échelle en est encore à un stade précoce, les entreprises s’interrogent davantage aujourd’hui sur les questions de timing et de méthodologie. Subsistent alors de grandes hésitations quant aux modèles d’adoption du cloud : privé et/ou public, ce dernier faisant toujours l’objet de fortes réticences de la part des entreprises de divers secteurs. Le modèle de cloud hybride apparaît ainsi comme une alternative efficace pour de nombreuses organisations.


2 – L’arrivée des grands acteurs du cloud et du digital media
Les grands noms du cloud et du digital media tels que YouTube, Apple, Microsoft, Amazon ou encore Yahoo par exemple sont en train de se déployer sur l’Europe. Fait nouveau, les acteurs chinois dont Alibaba, Baidu et Tencent entendent faire de même. Maintenant que ces entreprises ont investi le Royaume-Uni, la Hollande et l’Allemagne, elles visent désormais la France pour les deux années à venir.

Au-delà de la protection des données, leur principale problématique concerne la réduction du temps de latence et plus globalement l’optimisation de l’expérience utilisateur. L’objectif pour les plates-formes de cloud est d’être au plus près des consommateurs et d’intégrer en mode hybride toutes les applications qui demandent un faible temps de latence. En ce qui concerne les acteurs du digital media, ils souhaitent avant tout bénéficier de taux de rafraîchissement et de disponibilité satisfaisants pour répondre aux attentes des utilisateurs, et plus particulièrement aux utilisateurs de smartphones.

Si le nombre d’acteurs cloud et digitaux reste limité, une vingtaine d’acteurs clés tout au plus, ils représentent un marché colossal ainsi que des besoins considérables, pouvant atteindre plusieurs mégawatts IT.

Cela va représenter un enjeu majeur pour Paris en 2016, puis pour Marseille en 2017, lorsque les plates-formes seront installées pour desservir les marchés du Maghreb, de l’Afrique plus largement et du Moyen-Orient.

3 – Les réseaux vont se renforcer
Directement lié à l’explosion du trafic et au besoin de réduire toujours plus les temps de latence, le renforcement des réseaux va connaître une nouvelle impulsion en 2016. Cela va notamment se manifester par une meilleure capillarité d’un certain nombre de réseaux avec des extensions de boucles locales et de boucles nationales, et la création de chemins redondants pour assurer une meilleure sécurisation. Nous pouvons d’ores et déjà observer un certain nombre d’acteurs se positionner très clairement. Il s’agit davantage d’opérateurs étrangers ou alternatifs plutôt que d’acteurs nationaux.

C’est d’ailleurs sur ce périmètre des réseaux que les principaux investissements sont prévus et l’axe Paris-Marseille pourrait bien être celui qui en profiterait le plus pour permettre d’améliorer les temps de latence et d’accroître la capacité de trafic. Cet axe est d’autant plus concerné qu’aucun nouveau réseau n’y a vu le jour depuis 2001.

Au cours de cette nouvelle année, nous devrions également assister à la multiplication de câbles sous-marins transatlantiques qui, pour une fois, ne relieront pas uniquement le New Jersey au Sud-Ouest de l’Angleterre. Fait nouveau, des câbles transatlantiques nord et transatlantiques sud devraient voir le jour et permettront ainsi de relier par exemple la Virginie au Golfe de Gascogne, la Floride à Gibraltar ou encore le Brésil au Sénégal ou à l’Angola. Des câbles moins longs couvrant de petites radiales se multiplieront en Méditerranée et connecteront de plus petites distances telles que l’Algérie, la Corse et Marseille…

4 – Marseille, aéroport international pour le trafic des données !
Le renforcement des réseaux sur l’axe Paris-Marseille et dans le bassin méditerranéen couplé aux plans de développement des acteurs du cloud et du digital media au Maghreb, en Afrique et au Moyen-Orient contribueront à faire de Marseille un hub clé pour le sud de l’Europe.

Avec l’arrivée des câbles AAE-1 et SeaMeWe-5 à Marseille, la ville joue le rôle d’un véritable aéroport international de données. En témoigne, le renforcement des liaisons entre Marseille, Milan, Madrid et Barcelone ainsi que l’arrivée des principaux opérateurs italiens et espagnols à Marseille.

2016 ne sera peut-être pas synonyme de reprise des investissements et l’arrivée sonnante et trébuchante annoncée de la 5G n’est sans doute pas prévue pour tout de suite. Cependant, le marché devrait poursuivre sa mutation encouragée par le renforcement des réseaux nécessaire pour répondre aux évolutions technologiques, aux problématiques des grands acteurs du cloud et du digital media et enfin pour satisfaire les exigences des utilisateurs finaux. Cette nouvelle année ne rimera pas avec « révolution » mais bien avec « transition » pour se préparer à accueillir les déploiements des grands noms du cloud et du digital media.